Avoir du pouvoir, c’est contrôler?


Le pouvoir, dans ses dimensions psychologiques, que l’on qualifie parfois de pouvoir interpersonnel et social,prend ses racines dans l’un des besoins fondamentaux de l’être humain, le besoin de contrôle.

« Pouvoir de «  et « pouvoir sur «  sont deux facettes qui ont trait, la première aux forces dont chacun dispose, la seconde, au pouvoir que l’on exerce sur les autres.

Nous recherchons tous dans l’environnement ce qui nous permet d’accomplir et de vivre de façon plus ou moins satisfaisante, en coexistence avec les autres . Ainsi, nos besoins psychologiques par lesquels se traduisent notre tendance à vouloir nous épanouir, sont nécessairement sociaux, car la dimension  sociale est nécessaire à l’être humain, et à tous les stades de notre vie.

Besoin d’action, d’affection, de contrôle et de sens, le premier est le besoin de créer, d’agir sur l’environnement afin de s’y adapter et de l’adapter à l’ensemble de nos besoins, de travailler dans l’acceptation la plus grande du terme, de jouer aussi.C’est par l’action que se développent les individus, et de ce développement . L’action est au coeur de notre vie et ce souci d’ agir et d’entreprendre transparaît déjà chez l’enfant (jeu), qui constitue un motif aussi fondamental que celle d’aimer et d’être aimé.

Le second besoin est l’affection, l’intimité, l’inclusion. Appartenir à une famille, à un groupe,c’est vital pour l’homme et cela contribue à accroître estime et reconnaissance. C’est très vrai par le travail, dans l’Entreprise, l’individu a besoin d’être étroitement lié, associé à des émotions et des affects mais aussi il a un besoin social de vivre dans et par la Relation.

Le troisième besoin est le sens, ou besoin de compréhension, de connaissance et de croyance.C’est un besoin qui est lié à la condition humaine.

Le quatrième besoin est le contrôle, l’emprise sur l’environnement, sur les ressources, sur les personnes, la sécurité, et la liberté. Le besoin est étroitement lié à la survie individuelle et sociale, qui donne naissance ou est  associé à la survie et à la protection de l’homme, il inclut l’emprise, la sécurité intérieure, la liberté d’action. Il s’agit de Défense et de Protection de notre territoire personnel, de déplacements, d’éducation. Il peut devenir excessif et même abusif, et rentrer en conflit avec le besoin de liberté, besoin de contrôler sa vie, soi-même, mais aussi pouvoir d’obtenir des autres, de les amener à ce que l’on veut qu’ils fassent, ou à la poursuite des objectifs de vie.

Le pouvoir est un attribut personnel, pas le pouvoir que l’on exerce sur les autres, mais la force intérieure qui permet d’agir, de faire, de produire, de créer, de développer des talents présents en chacun de nous .Le développement de certaines de ces potentialités commence à l’âge le plus tendre et suppose la présence d’un soutien actif de l’environnement. Le » pouvoir de » c’est cette capacité de développer son potentiel, avec confiance et estime pour aller de l’avant. Cela correspond à notre besoin d’action. Le » pouvoir sur », tant dans la vie personnelle qu’intime, que dans les sphères sociétales, groupales, politiques,…est omniprésent. Il permet de distinguer le pouvoir qui s’exerce sur les autres, du pouvoir que nous avons sur nous-mêmes, en tant que capacité de développement et  de réalisation.

Les femmes ont mis longtemps à accéder au » pouvoir sur », car elles ont été empêchées par des valeurs d’inégalité, et ont exercé leur »pouvoir de  » en développant capacités et compétences….

Reconnaître la différence entre « pouvoir de  » et « pouvoir sur » permet de mieux identifier nos obstacles à nous réaliser pleinement. Cela dit, l’ajout du mot » sur « au terme » pouvoir » exprime la nature relationnelle de ce dernier. La question du pouvoir est au coeur de nos sociétés, par des jeux d’influence et il est présent dans toutes les relations interpersonnelles, depuis la toute première, qui unit la mère et son nouveau-né, jusqu’à la plus impressionnante , celle du lien entre le chef d’état et ses commettants, en passant par tous les lieux qui forment le tissu social.

Il est partout, au sein des relations amicales, amoureuses, familiales, dans les Organisations, dans la politique, bien sûr, ….mais qu’en est-il de son seul pouvoir? N’est-il celui que l’on nous reconnaît, dans notre vie, dans notre travail, par notre leadership dans notre environnement ? Tout ceci est indissociable et il me paraît pertinent d’y réfléchir dans les sphères de notre vie afin d’explorer ces diverses facettes et mieux se connaître et s’évaluer face au pouvoir qu’on a sur les autres. Est-ce si difficile que d’avoir les clefs?

 

 

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