Comment créer une vie familiale stable, équilibrée , pleine d’amour après une séparation


Mon orientation professionnelle est axée sur la psychologie humaniste, et l’aspect familial et conjugal me fait prendre conscience de l’importance des attachements profonds dans le potentiel humain , dont l’objectif est de l’exprimer  aussi bien sur le plan individuel que sociétal.

Se séparer, vivre une rupture est aujourd’hui selon les principes collectifs existants, un échec, qui nuit grandement à notre bien-être et à notre santé émotionnelle en nous handicapant ainsi que nos enfants.

Comment mettre en terme à une relation amoureuse de manière saine et humaine?

La séparation bienveillante peut-elle être envisagée dans notre société?

Je vous présenterai dans l’article suivant une démarche de soutien pour retrouver la liberté émotionnelle, les outils pratiques et les techniques nécessaires pour opérer une transition en douceur afin de souffrir et de faire souffrir le moins possible les acteurs de cette séparation et aussi les enfants.

Toutes les ruptures sont incroyablement douloureuses car elles constituent un tournant crucial, un renoncement à un amour . Elles représentent un moment charnière de notre vie qui implique une décision sérieuse de notre part. A partir de votre désespoir encore fumant soit vous jetez l’éponge et vous jurez de ne plus jamais souffrir afin de vous protéger, soit vous trouvez un moyen de vous servir de cette expérience pour développer une profondeur d’esprit, maturité, capacité à aimer et être aimé.

En un mot, une séparation est une occasion unique de vous réveiller sur le plan spirituel qui vous propulse vers une authenticité, une compassion, une sagesse. Se relever, utiliser son chagrin pour évacuer les mensonges que vous supportez, vous libérez des schémas pénibles ,…et vous affranchir de tout ce qui vous affaiblissait et vous incitait à vous montrer sous votre moins bon jour, se servir de cette perte atroce pour ouvrir votre cœur et décupler votre capacité à vous aimer et aimer les autres avec sincérité.

Une rupture, c’est une incapacité à remplir l’objectif qui consiste à vivre longtemps et heureux ensemble. C’est un échec atroce que chacun estime ne jamais pouvoir surmonter, associé au chagrin et à la honte de cette fin. Chacun ne pouvait s’attendre à cette dévalorisation voilée de son couple. « Le véritable amour c’est pour la vie », dans une culture partant du principe que séparation est synonyme d’échec, il est difficile de ne pas sombrer en disgrâce lorsque l’amour s’éteint. Se sentir déshonoré et humilié est le lot classique des acteurs d’une rupture, plus particulièrement si vous êtes la personne quittée. Et pourtant, la perte de l’amour est suffisamment pénible émotionnellement pour ne pas ajouter la perte du statut social et la honte qui l’accompagne. La honte s’accompagne du besoin de courir se cacher pour échapper aux yeux du monde. Vivre heureux est l’un des schémas collectifs qui rendent l’existence sûre et prévisible et préservent l’harmonie sociale.

Quand la réalité correspond à nos attentes, notre cerveau bénéficie d’une forte dose de dopamine pour nous récompenser. Nous nous sentons bien lorsque notre existence est en adéquation avec ce qui peut et doit se produire selon nous. Mais lorsque nos attentes ne sont pas satisfaites notre niveau de stress explose faisant basculer notre cerveau dans un climat de menace. Notre niveau de cortisol augmente, notre système immunitaire s’effondre, notre cerveau limbique (siège de nos émotions) passe en mode combat ou fuite quand le niveau de dopamine ou d’ocytocine chute carrément, nous entraînant dans une spirale négative, triste et morbide.

Sentiments d’infériorité, et de honte nous  engloutissent alors, et une profonde vulnérabilité est ressentie par le sujet qui se sent légèrement inférieur à ceux qui semblent avoir une vie de couple heureuse . Il se sent méprisé alors puisqu’il est redevenu célibataire!

Rébellion de l’esprit contre cette idée, sur le plan émotionnel, perte de son statut, vulnérabilité émotionnelle provoquées par la rupture peut s’avérer aussi désagréable que le crissement d’un ongle sur un tableau noir….

Le contraire de l’amour n’est pas la haine mais l’indifférence. La haine est un attachement aussi fort que l’amour et transforme vite un attachement positif en attachement négatif .Nous restons alors tout autant  liés à notre ancien amour et les liens que nous nouons sont un échange permanent d’énergie qui cultive l’intérêt, l’investissement et l’implication qu’ils soient positifs ou non. Ils représentent la synergie émotionnelle sous-jacente partagée qui va au-delà du fait d’échanger et de se voir.

Claude Debussy disait:’ La musique, c’est ce qu’il y a entre les notes « .

Comme la musique, le lien relationnel est la connexion partagée entre les mots. L’influence que nous avons l’un sur l’autre ne disparaît pas dès que nous lui avons rendu les « clefs de l’appartement », toute volonté de rompre la connexion par le dédain ne sert qu’à encrer durablement le chagrin.

Que se passe-t-il dans le cerveau quand notre cœur est en morceaux?

Le cerveau a pour mission première de veiller sur notre sécurité et garantir notre survie. Il n’a que faire de notre souci d’être gentil et d’aimer les autres. Il est un organe social conçu pour rester en contact avec autrui, il n’est pas forcément enclin à laisser disparaître un attachement important. Dans l’univers du cerveau, il vaut mieux un lien négatif que rencontrer la mort existentielle à cause de l’absence de liens. Par conséquent, même si vous savez dans votre fort intérieur que la solution est de partir, le cerveau refuse toujours la mort de la relation. Etre rejeté par quelqu’un déclenche la même alarme cérébrale qu’une menace sérieuse. Cela lui rappelle qu’au début de l’humanité, il était essentiel d’appartenir à une tribu afin de survivre et que l’expulsion d’in clan vous réservait une mort certaine.

La panique qui nous saisit,  le cœur qui bat la chamade lorsque l’être aimé menace de vous quitter, la douleur associée à la poursuite de la relation, la peur de mettre un terme à celle-ci , la décision de rompre,….le cerveau s’accroche de manières diverses. Cela se produit par exemple lors d’une séparation tumultueuse sur fond de conflits quand les protagonistes expriment leur dédain et leur hostilité . Affolés, bouleversés, nous sommes poussés vers les solutions extrêmes pour essayer de reconquérir l’affection de l’être aimé et faisons presque tout pour apaiser notre désir fou.

Etre rejeté par l’être aimé déclenche une activité cérébrale similaire à ce que ressent un cocainomane qui veut sa dose. Le manque amoureux est très comparable au syndrome de sevrage du toxicomane. Il s’accompagne souvent de pulsions irresponsables et destructrices . Il peut s’avérer vraiment difficile d’accepter cet instinct primaire car il nous arrive de faire et dire des choses dont nous ne nous saurions jamais imaginé être capables.

L’ami(e) proche se joint à notre victimisation rageuse, et ne manque pas de dévaloriser, et rabaisser notre ancien amour, afin de nous aider à passer à autre chose! Cette démarche semble utile de prime abord ! Mais pourtant, attiser le feu du dédain dans une volonté de nous faire prendre nos distances avec l’être aimé n’apporte pas , au final, le soulagement excompté .

Détester une personne que vous avez aimé pour tenter de la sortir de votre esprit va vous blinder momentanément contre l’ancien objet de votre affection, mais vous vous retrouverez avec un cœur de pierre au final parfaitement hermétique et rempli de haine! Tout cela produira une séparation tumultueuse sur fond de conflit et d’hostilité. Cette interaction négative peut durer toute la vie si vous laissez le cerveau se débrouiller et le lien négatif va suppurer dans votre psychisme .

L’autre type de séparation est de rompre rapidement, agissant sous le coup de la rage, et d’expulser violemment de son cœur et de son âme l’être que l’on a tant aimé! Ce genre de rupture est d’une grande brutalité pour la personne congédiée et provoque « le syndrome du cœur brisé » . Face à cette explosion de la relation, souvent sans avertissement, la personne éconduite a le sentiment d’être une coquille vide face à la tâche morbide consistant à essayer d’accepter la mort soudaine de l’amour abandonné à son triste sort. Il essaie de comprendre de manière obsessionnelle ce qui a provoqué ce choc, ressassant le moindre détail jusqu’au moment si atroce de la séparation.

Voilà les dangers de la séparation malveillante que connaissent bon nombre de personnes. Les comportements primaires et autoprotecteurs que nous sommes tentés d’adopter à la fin d’une relation amoureuse afin de nous aider à préserver notre cœur de souffrance finissent par se calcifier et donc le refermer.

Quand vous avez vraiment une personne « dans la peau », dont l’identité se fond avec la vôtre , les nœuds ne sont pas faciles à défaire, tels des cheveux à démêler . Une perte mal négociée, et par conséquent, un cœur mal cicatrisé peut vous faire souffrir toute votre vie et vous enfermer dans une existence qui se caractérise par une capacité atrophiée à aimer et être aimé. Le temps ne permet pas de cicatriser toutes les plaies .Si vous souhaitez prendre en charge votre cœur brisé tel une jambe fracturée, il va falloir du temps pour refermer la plaie afin d’éviter la claudication et les douleurs à chaque changement de temps!

La seule façon de dépasser le chagrin lié à la perte des attentions et de l’affection de l’être aimé est d’utiliser cette terrible douleur pour vous donner l’élan nécessaire pour devenir l’individu que vous étiez, solide , sensé, afin d’embrasser à nouveau cette vie nouvelle qui vous attend.

Catégories : conjugalité

Share your thoughts

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.*