Comment soigner ses blessures narcissiques?


Mon métier me demande de réfléchir fréquemment à la nature du lien, ou comment se sentir en relation avec l’Autre.Les patients qui viennent consulter souffrent soit:

d’un manque d’authenticité dans leurs relations

d’un manque de place dans leurs relations

de relations dans lesquelles chacun se borne à jouir individuellement sans partage

Désir de fusion? Désir d’emprise?

L’enjeu relationnel pour être heureux n’est-il pas de supprimer la différence? Le processus d’identification aide à se construire.

Etre soi et vivre la différence en respectant celle d’autrui, sans le nier, sans l’agresser est un chemin de différenciation qui ouvre à l’altérité.

De nombreuses personnes vivent des situations dans lesquelles il n’y a pas de place pour deux, où elles  se sentent écrasées, toutes puissantes, humiliées ou humiliantes, existantes ou anihilées. Tout cela amène à l’échec à entrer en relation d’échange réciproque avec l’Autre.

Il est parfois difficile d’assumer sa propre différence, aussi comment la solidité du narcissisme se manifeste-t-elle à l’âge adulte?

Par la capacité à résister aux épreuves qui peuvent porter atteinte à l’image de soi. Ruptures, licenciements, incidents de la vie courante qui donnent l’impression que l’on est rejeté. Si l’on a acquis dès l’enfance, grâce à ses parents le sentiment de valeur, on est à même de relativiser les échecs, ils restent douloureux mais ne sont pas destructeurs.

En revanche, si enfant, on a été privé de capital narcissique, chaque rencontre devient prétexte à une difficile autoévaluation:

« Est-ce que je vaux quelque chose? »

« Je ne vaux pas grand chose ».

En ce temps de rentrée scolaire, on sait trop bien à quel point le rôle de l’Enseignant peut être important pour l’enfant, car il est pour lui une grande personne  » autre que les parents » qui aura une opinion différente de la leur. Et son avis sera important car il est nanti aux yeux de l’enfant d’un pouvoir et d’un savoir . L’enseignant peut « sauver une vie » en posant un regard positif sur l’enfant afin de le faire grandir et trouver sa place dans la société…..

Apprendre à un enfant, un adolescent, un jeune adulte à s’aimer soi-même, c’est un acte fondateur puissant. Tant qu’une personne ne s’aime pas, et souffre de mal-être (blessure narcissique, mutilations de l’image de soi) , tout sera un véritable coupe de poignard dans son moi profond. Le moindre reproche atteint en plein coeur et plonge l’individu dans les abîmes de la perplexité, du désarroi ou de la colère. On se sent attaqué de l’intérieur, et ces sentiments ne sont pas bons pour la santé, car en sapant son moral on affaiblit les défenses de son organisme.

« Les blessures narcissiques nous guettent à chaque coin de notre vie « , dit Claude HAMOS( psychologue)

Dés l’enfance, aidons nos enfants à acquérir des sentiments de valeurs, relativisons les échecs, car le manque d’estime de soi bloque le physique mais aussi les capacités. Il empêche d’être à l’aise dans le milieu social, de croire en soi, d’être heureux dans le domaine privé: dévalorisation, effondrement, autocritique, dépression, humeur en dents de scie, ….Il n’est guère possible d’être en paix quand on doute trop de sa valeur. Et plus on doute, plus on se sent indigne des bienfaits de la vie. L’une des conséquences de cet état est la punition infligée à soi-même.Puisqu’on ne vaut rien, on n’a pas de droit au bonheur, on s’interdit d’être heureux, on se contente de peu!

Le manque d’estime de soi peut aller jusqu’à la négligence, le manque de soin de sa santé, la maltraitance, ….

On supporte d’être bafouée en rongeant son frein, et n’en pouvant plus on finit par craquer, on éclate  » je ne mérite pas mieux »!…. Et ces comportements de dépendance affective conduisent parfois à l’addiction, la boulimie, ….conséquences d’une image négative de soi.

La mésestime entraîne de fortes inhibitions car le manque de confiance en soi empêche d’agir . Le plus petit échec entraîne trop d’émotions dévalorisantes et douloureuses: humiliation, culpabilité, « c’est de ma faute »…En vouloir à soi-même et au monde entier limite les entreprises pour ne pas risquer un tel désastre que de « rater quelque chose ».

Ressentir un pincement au coeur dès qu’il faut affronter, douter de soi, avoir des difficultés à se prendre en main pour avancer, tergiverser, remettre à plus tard, s’en remettre à l’avis des autres, ne plus se fier à soi c’est pénalisant car mon Moi-Idéal dit : « Je dois » et épuise pour atteindre l’inaccessible. On passe du Tout au Rien, perfectionniste souvent découragé, dévalorisé, l’image de soi est en perpétuelle dégringolade.

Sur le plan affectif et relationnel, le manque d’estime de soi est aussi source de tourments. La quête effreinée d’amour, d’amitié est fréquente chez celui qui ne s’aime pas . » Quelqu’un va-t-il me prouver que je suis aimable? » Quête vouée à l’échec, car personne , à part soi-même ne parvient à restaurer une image de soi négative. Les compliments sont inacceptables ou apparaissent comme faux. Pour rassurer il faut en faire des tonnes!Les âmes charitables finissent par se lasser! Et ce besoin permanent de réassurance est à la source de bien des crises, disputes, séparations.

Ne restez pas dans le questionnement « Suis-je vraiment à la hauteur? »

Aimez-vous et aimez ce que vous entreprenez avec confiance.

Ne doutez pas de vos capacités, foncez!

Ne soyez pas faible pour résister aux épreuves de la vie, soyez forts afin qu’elles ne portent pas atteinte à votre image

Ne vous sentez pas indigne d’être aimé, vous êtes unique , ne vous comparez à personne!

Courage, bonne rentrée à toutes et à tous!

Catégories : Non classé, trouble du comportement

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