CONFINEMENT: redéfinir nos vies ?


Notre condition humaine misérable a peur: peur de la maladie, peur de la mort et l’Homme n’aime pas être seul.

Actuellement, notre sphère privée n’est plus privée, elle a pris d’autres dimensions (scolaire, professionnelle, thérapeutique, sociopolitique) .Tous ces registres fonctionnent ensemble et crée de nombreuses contrariétés d’espace et de temps.

Le confinement , c’est un point d’arrêt, collectif, pas individuel comme une maladie ou une retraite.Point d’arrêt collectif après des temps de pression dûes à la croissance économique , à la globalisation libérale.On ne court plus , on reste chez soi.

Lectures, échanges, réflexions nous incitent à nous interroger sur nos valeurs:

-faire preuve de discernement

-mettre des mots précis sur ce que nous vivons

-ne pas se laisser emporter par nos affects et nos angoisses

-essayer d’y voir un peu plus clair

-contrôler l’anxiété sécrétée par l’isolement

C’est un moment de suspension, un luxe pour certains qui trouvent un espace d’évasion.

Pour d’autres c’est malheureusement le contraire, c’est une période où ils ont encore moins le temps de penser qu’auparavant.

Certains sont confinés chez eux, d’autres sont obligés par leur métier d’assurer le maintien de la civilisation.

Un germe de lutte des classes?

Mais comment, après tous ces traumas , allons-nous quand même être obligés de penser la vie autrement? Il le faudra sinon nous resterons prisonniers du passé, du malheur et nous répéterons nos erreurs. C’est le SPT (syndrôme post-traumatique)

Un trauma ça change une vie, et ça oblige à faire preuve de résilience.

On est bien confiné dans sa bulle de vie quotidienne, en période de paix; sinon, en guerre, même contre un ennemi invisible on ressent des angoisses. Si on réagit, on invente, on crée, une nouvelle manière de vivre au lieu de chercher des responsables, le confinement est moins pénible à supporter.  Car être confiné c’est être dans une protection physique mais c’est tout de même une agression psychique, car on perd sa liberté d’action, et d’échange, de lien social. Notre cerveau a besoin des autres pour s’éveiller, pour se mettre à fonctionner. On a besoin de présences, de paroles, de stimulations, pour dire « JE SUIS MOI « , quand un Autre est à mes côtés, sinon je m’éteinds.

Le confinement va créer des troubles psychiques, alors essayons de créer, de produire, de penser, de prier,…A chaque catastrophe dans le monde, la philosophie, la spiritualité, se renforcent, et donnent l’assurance du groupe et de la famille. La haine augmente car de boucs émissaires sont recherchés.

Les malades et les personnes âgées vivent le confinement bien avant que celui-çi soit installer, et il suffit d’être aller rendre visite à des personnes hospitalisées ou en EHPAD pour savoir ce qu’est le confinement. Menace vitale, angoisse, troubles de l’humeur, tristesse, dépression,….car dans ce manque de liberté on prend conscience de la fragilité du monde et de sa propre vie.

Les adolescents vivent aussi douloureusement le confinement, car ilqs sont dans la transgression des règles et le recherche d’insécurité.Ils ont besoin de s’affirmer.

Il nous faut désormais réinventer des liens humains et le numérique nous assiste dans ce domaine, par l’intensification des échanges , la proximité s’installe, un surcroît de politesse est constaté, on prend des nouvelles de ses voisins, de sa  famille, c’est une revivification des liens humains qui passe par la technique. Ce qui est premier dans les messages c’est « comment vas-tu? » le souci de l’Autre, et non les nouvelles professionnelles qui passent après. Des solidarités inédites s’organisent et dans les contacts sociaux, des formes d’affection se manifestent qui n’osaient se dire auparavant par pudeur, ou par contraintes sociales.

Le confinement va-t-il provoquer une décroissance de l’égoisme et obliger les personnes à activer plus d’attachement ? Certains vont profiter de cette épreuve pour augmenter la solidarité et agrandir leur réseau, d’autres par contre, vont être altérés par l’isolement social, et décompenser psychiquement.

Quand la vie reprendra son cours , normalement en mai, et que le virus autorisera progressivement à vivre, combien d’individus vont remettre en cause leurs sprints, leurs excès d’activités. Beaucoup d’entreprises , pour ne pas avoir à licencier , vont devoir rattraper la croissance perdue et donc réaccélérer brutalement pour ne pas risquer de perdre du travail? Y aura-t-il un productivisme post-crise qui reproduira en pire les travers de la période précédente?

La Fracture sociale se fait déjà sentir et une opposition entre jeunes insouciants et personnes âgées demeurent, certains confinés confortablement alors que d’autres doivent travailler à l’extérieur s’exposer au virus, certains à la campagne avec jardins et d’autres confinés en ville sans extérieurs, va causer des débats. Ce virus s’installe en nous, psychiquement et crée déjà beaucoup d’inquiétude et d’angoisse.

Espérons que nous saurons nous rappeler de ce confinement, de ces morts en chaîne, sans déni afin de ne pas retomber dans la vie d’avant, comme si on vivait une parenthèse qui n’arrivera plus jamais. Notre temps actuel est spatialisé, basé sur des écrans, mais le temps psychologique, le temps de la nature et du corps, nous allons le redécouvrir car il était enfoui.Nous étions prisonnier du temps social, nous redécouvrons le temps intime.

A quoi se raccrocher désormais? Un journal de bord? Une activité artistique? Retrouver ses passions de jeunesse? Pratiquer la Pleine conscience, la méditation, afin d’éviter l’ennui, la dispersion, les pensées alarmistes, relire Proust, on a tout le temps….

Boris CYRULNIK propose la recette suivante :

-l’action

-l’affection

-la reflexion

La culture physique pour sécréter des endorphines tranquilisantes

Les manifestations affectives avec les adultes et enfants de notre entourage, avec son animal de compagnie

La réflexion car comprendre c’est maîtriser et c’est reprendre un peu de liberté.

« Tout ce à quoi l’on résiste , persiste. » JUNG

 

Bon courage et prenez soin de vous

 

Catégories : Non classé, psychologie des traumatismes

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