Accompagnement psychologique dans un Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE)


Un des domaines de mon activité professionnelle est l’accompagnement psychologique en Entreprise, IN SITU, lorsque cette dernière est impactée car elle traverse une période de grande fragilité dûe à des reclassements, licenciements, changements importants de repères professionnels pour les salariés.

Pour s’y adapter, un temps de restructuration psychique est nécessaire .

Un PSE necessite d’envisager pour ceratins de quitter l’entreprise, un poste, un quotidien professionnel, une équipe, des collègues, de tourner une page sur une partie de sa vie. Ce processus de séparation peut faire émerger des problématiques de deuil, abandon, et il n’est pas rare que cette étape transitoire s’accompagne de symptômes dépressifs, de troubles anxieux, de sentiment de dévalorisation, allant jusqu’à la perte d’estime de soi. Pour beaucoup ce n’est pas seulement le poste qu’on supprime mais bien la personne.

Avant la fin effective de l’activité, les salariés doivent gérer une phase paradoxale, qui génère de l’angoisse, et une certaine confusion mentale. Comment rester investi dans son travail, terminer les projets en cours, alors que l’on s’apprête à quitter son emploi?

Dans ce contexte potentiellement douloureux, l’accompagnement psychologique des salariés est un outil précieux qui permet de soutenir les ressources mentales nécessaires pour traverser cette difficile transition, et permettre aux personnes de se projeter dans un autre avenir professionnel.

Lors d’un PSE, n’importe quel salarié peut se trouver affecté car c’est l’ensemble du collectif qui doit faire face à un réaménagement psychique important. Il est donc pertinent que le soutien psychologique soit destiné aux collègues impactés mais aussi aux autres collègues qui restent dans l’entreprise, quils soient en reclassement ou que leur poste soit préservé. Ces personnes se trouvent soumises aux difficultés de se séparer de leurs collègues, de se voir comme « survivant », de s’adapter à de nouvelles modalités de travail, de nouvelles fonctions,…et de continuer à exercer ses fonctions alors qu’elles prennent conscience de la potentialité de perdre un jour aussi son emploi.

L’impact psychologique du PSE est souvent exacerbé par des moments de flottement, entre la fin de l’activité salariée sur site et l’entrée dans le congé de reclassement, l’intégration de Pôle Emploi. Dans ce contexte propre à mettre à mal les repères habituels, le soutien psychologique assure une fonction structurante, c’est un repère fiable et fixe sur lequel chacun peut s’appuyer, un espace neutre de libération de la parole, d’élaboration de la pensée quand l’attaque de la sphère professionnelle ne permet pas de « fonctionner » normalement.

Catégories : LE MONDE DU TRAVAIL, Souffrance au travail

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