PERVERS,PERVERSION,PERVERSITE


Alors que le procès de Jonathan DAVAL  se poursuit, j’avais envie d’écrire un nouvel article sur les Pervers, même si j’en ai composé plusieurs, car ce débat confirme la vision de plus en plus claire que j’ai, en tant que Psychologue, de ces êtres toxiques.

Ayant été aux contacts de ces êtres et en ayant souffert de leurs fonctionnements délétères, je pense qu’il est important que je témoigne avec cet article pour protéger les personnes qui vont se trouver un jour aux prises avec eux….

Le pervers consulte rarement, ce sont les victimes qui viennent en consultation car elles souffrent de leurs relations avec lui, empreintes d’emprise, assujetissement, asservissement,…La perversion???mais c’est quoi??? Ce n’est pas seulement sexuel, c’est avant dominer, assujettir autrui et cette relation peut se développer dans un cadre familial, professionnel, sentimental,…sans qu’il y ait une composante sexuelle.Les domaines de la perversité sont vastes, car la perversion d’ordre sexuelle est la plus connue, mais la perversion morale, de caractère, relationnelle existe. Cette connotation renvoie au vice, à la méchanceté, à la manipulation, à l’emprise. Paul-Claude RACAMIER décrit la perversion narcissique comme une relation dans laquelle autrui devient objet-non-objet, et le pervers nourrit son narcissisme dans la conquête du narcissisme de l’Autre. Il va jouir d’une valorisation au détriment d’autrui. C’est instinctif, c’est une volonté de nuire par cruauté, violence, indiscipline, dissimulation, mensonges.

Au niveau sexuel, le pervers »utilise »l’Autre comme un objet , victime de sa pulsion. Le pervers est dans l’Agir, très peu dans le fantasme car l’Agir lui permet de ne pas penser. Il saisit ainsi le psychisme de l’Autre ne pouvant entrer en contact avec le sien. Il a de telles blessures narcissiques qu’elles le coupent de lui-même et il se nourrit ainsi de l’Autre, c’est un prédateur.Leur MOI est « lacunaire », incomplet, et il tente inlassablement de le  combler .Il utilise le lien familial, professionnel, amoureux et domine sa victime fragile et vulnérable car il perçoit de manière intuitive et immédiate ses failles et ses blessures.Il rejette de toute façon toujours la faute sur l’Autre et ses sentiments et ses conduites s’adaptent toujours aux circonstances rencontrées, à l’environnement présent et aux personnes cottoyées. Il peut apparaître aimable, sympathique, très adapté socialement, réfléchi et sait s’abstenir si le terrain n’est pas propice. Il sait attendre le moment opportun pour agir et renonce à ses objectifs s’il sent qu’il va s’exposer. Il refuse d’être perçu au grand jour….Habile pour déguiser ses fins, il sait dissimuler car il agit toujours dans l’ombre….

Il n’a aucune empathie, il est égocentrique, possède une haute estime de lui, il paraît menteur car il ignore toutes les situations qui pourraient nuire à sa belle image de lui-même. A chaque passage à l’acte, il se situe en victime et justifie logiquement ses actes afin que l’Autre devienne fautif. Il utilise allègrement le mensonge pour embellir sa réalité peu gratifiante. Cette assurance de facade cache néanmoins de nombreuses blessures narcissiques. La perversion est un mouvement de défense au service du narcissisme et le pervers passe son existence à essayer d’expulser tous ses conflits internes vers autrui. Il fait porter à l’Autre ses propres travers et évite ainsi de souffrir. Tout « objet relationnel » ne peut servir qu’à rassurer et compléter son narcissisme défaillant. Autrement dit c’est l’Autre qui paie….

Il ne se préoccupe pas de l’Autre, car sa capacité d’aimer est défaillante. Il est émotionnellement froid, anesthésié à la souffrance et son Moi grandiose cache en réalité un sentiment d’infériorité et de dépendance excessive vis-à-vis de l’admiration et des approbations extérieures. IL cherche constamment à gratifier ses  aspirations d’éclats, de richesses, de pouvoir, et de beauté. Il va intuitivement repèrer les failles de l’Autre et dans la durée, l’asservir avec une habileté étonnante. L’Autre perd confiance en soi avec des périodes de dépréciation, de mesestime, de dépression et devient totalement dépendant et perd son autonomie de penser. L’arme redoutable du pervers c’est la parole car il peut utiliser librement le mensonge, l’insinuation, le paradoxe, la contre-vérité, les allusions, le double-sens. Il se coupe de lui-même, dénie la réalité pour se protéger de toutes souffrances. Il nie ses comportements antisociaux et les conséquences de ses actes. La faute est niée, le déni est anti-conflictuel. Il utilise aussi le clivage car le paraître est important chez celui  qui décrit « une belle image « de sa personne. Il ne se reconnaît aucun défaut et projette sur autrui ses propres travers par l’identification projective. Il peut même en venir à se placer à la place de la victime …. La vérité importe peu pour le pervers qui est méfiant et paranoiaque qui craint surtout que sa véritable personnalité soit révéler . Sa crainte c’est que ses imperfections soient montrées.

Ne connaissant ni souffrance ni remords, il éjecte sur l’Autre, et ne se voit pas comme « malade », toutefois la récidive chez ses sujets existe avec des actes en cascades qui font souffrir, actes antisociaux qu’il récuse, et c’est par la détresse et le deuil face à des conflits, des ruptures qu’il peut manifester son estime si fragile, ses failles narcissiques profondes et ses blessures archaïques bien  présentes qu’il peut un jour, accepter un accompagnement thérapeutique. Pour moi, une psychanalyse est indispensable…..

Catégories : trouble du comportement

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